“Titres
01. Nto Yomlhlaba (Djeli Moussa Diawara) 
02. Ujabulani (Morusu) 
03. Imali Yami (Freddy Gwala) 
04. Baba (Felix Sabal-Lecco) 
05. Nodoli Wan
06. Kwa Makhelwane
07. Thongo Lam (Buhlebendalo, Tlale Makhene) 
08. Mahlomola (Kommanda Obbs) 
09. Lebotha (Stoan) 
10. Ndiye Oga (Bholoja, George Munetsi) 
11. Chokwadi
12. Unobangela
13. Thumela (Gally Ngoveni) ”
[fr]

 

Ecoutez l’itw de Max Hoba réalisée par Nicky B pour le World Show de Kaya FM à Johannesburg.

Lisez l’itw de Sylvie Clerfeuille sur l’album.

SC. Comment est venue l’idée de cet album panafricain ?

MH. En 2018, je jouais dans un club, le Hobbit, à Johannesburg. Le projet s’appelait « Masithethe » (discutons en xhosa) et j’ai commencé à jouer, créer et composer en même temps sur cette scène live avec des amis , différents musiciens. Dans les premier albums, je n’avais pas vraiment de stratégie mais celui la était une vraie construction qui m’a pris deux ans. J’avais ce rêve d’apprendre de l’Afrique, d’explorer les sons du continent. Nicky B m’a présenté David Felgeirolles à Paris, le directeur du label The future Paradise, et l’aventure a commencé. En février 2019, David est venu à Johannesburg et nous avons enregistré avec mon groupe à la SABC puis sommes partis au Swaziland pour rencontrer Bholoja

SC. Quelle était la philosophie de cet album ?

MH. Une forme d’hymne à l’Afrique. Nous avons été longtemps coupés du continent puis à la fin de l’apartheid , nous avons été dominés par la culture américaine. Je suis en train d’apprendre les sons, les rythmes, les instruments du continent. La kora par exemple de Djeli Moussa Diawara (le frère de Mory Kanté)  a un son très doux, très soul, qui correspond à mon style, l’afro-soul. La façon dont Felix Sabal Lecco (qui a joué avec Paul Simon et Prince) joue du talking drum, d’une manière légère et complexe à la fois est une autre façon d’appréhender le percussions. Amen Viana qui est le guitariste d’Angélique Kidjo et que j’ai rencontré à Paris lors d’une jam session a une approche de la guitare très personnelle. Il n’essaye pas de se mettre en avant comme beaucoup de guitaristes mais se met au service de la voix et entreprend un vrai dialogue avec la kora, pas une concurrence. Il y a entre ces deux instruments une vraie complémentarité. 

SC. Les artistes d’Afrique australe sont plus proches de votre sensibilité musicale, par exemple Bholoja qui fait de la swazi soul.

MH. J’ai rencontré Bholoja au Bushfire festival in Swaziland mais c’est véritablement David qui nous a connectés. Nous n’avions jamais joué ensemble. J’avais besoin de Bholoja qui est empreint de spiritualité et je voudrais parler également de George Munetsi. Je le connaissais en tant que radio DJ (il travaille à Kaya FM) mais je ne l’avais jamais entendu en tant que chanteur. Il a cette couleur vocale proche d’Oliver Mtukudzi qui l’a beaucoup influencé d’ailleurs. J’avais besoin de lui pour chanter en shona car je chante en plusieurs langues. Les sonorités des langues africaines m’inspirent beaucoup dans ma façon de chanter. Le lingala est très proche du sisotho par exemple.

 

De gauche à droite : Manu Dibango, Max Hoba, Sylvie Clerfeuille et Amen Viana. Rencontre au Musée de la Porte Dorée en Novembre 2018.

 

SC. En parlant du Lesotho, vous avez depuis l’enfance ce goût pour l’accordéon , une spécialité de ce pays.

MH. Oui, les lignes de basse de l’accordéon sotho influencent beaucoup ma technique vocale. Mais pour enregistrer avec des artistes de ce pays comme Murosu (que l’on surnomme Famo dans son pays) , il fallait s’adapter car eux, c’est du plug and play, une seule prise. Pour le travail d’enregistrement, j’ai du lui laisser des espaces pour s’exprimer , pour improviser. Kommanda Obbs, lui, est un chanteur de prières dont les textes évoquent les problèmes de son pays comme l’alcoolisme ou la pauvreté.

SC. Qu’est ce que cet album t’a appris sur l’Afrique ?

MH. Nous sommes le peuple du rythme et du tambour. Nous avons notre propre jeu de guitare. Nous sommes en train de reconstruire notre histoire culturelle. Nous devons nous réunir  afin de retrouver notre identité africaine.

 

À propos de l'auteur

Sylvie Clerfeuille

Sylvie Clerfeuille