“Auteure-compositrice, pianiste (clavinet), interprète, comédienne et chorégraphe, la diva camerounaise, Sandra Nkaké, à la voix grave, puissante ou murmurée, mêle jazz, soul vintage, pop-rock et R&B… ”

Cinéma, littérature et musique

Née à Yaoundé le 15 novembre 1973, Sandra Nkaké a grandi entre le Cameroun et la France, ballotée entre deux cultures et confrontée à des codes sociaux différents : le cinéma, la littérature et la musique seront donc ses principaux refuges. Adolescente, ses compagnons de chambre sont les albums Sisters of Mercy de Léonard Cohen et Blue Valentine de Tom Waits, le film « Taxi Driver » de Martin Scorsese, l’univers de Sergio Leone, les films de John Houston, « L’ombre et la lumière » d’Auguste Renoir, les couleurs de Matisse, les livres « L’hôtel New Hampshire » de John Irvin et « Boule de suif » de Guy de Maupassant, mais aussi les récits de Boris Vian et de Chester Himes…

Ces histoires guident Sandra Nkaké dans un quotidien où les adultes sont violents et distants à tel point qu’elle se crée son propre univers peuplé de la vieille dame à chapeau blanc, de Pompidou (jeune folle du quartier) et du marchand de beignet du quartier nord de Nkongkak. Ces personnages évoluent dans de petites histoires secrètes qu’elle façonne et accompagne d’une bande son chantée à tue tête.

Un univers foutraque et joyeux lui donne la force de croire en la vie et d’imaginer qu’il est possible d’aller vers les autres en restant fidèle à ses convictions, sans se trahir, sans se compromettre. Le hasard et les rencontres seront dès lors ses anges gardiens.

La Compagnie Thomas le Douarec, le déclic

Fixée à Paris, la Sorbonne où Sandra Nkaké veut devenir journaliste puis professeur d’anglais ne la retient pas longtemps. Elle commence alors une double carrière de comédienne et de chanteuse dans des spectacles mêlant théâtre et musique au sein de la Compagnie Thomas le Douarec (metteur en scène, comédien et réalisateur), aux côtés de Pierre Pradinas (auteur, metteur en scène, réalisateur), Léa Fazer (scénariste, réalisatrice, actrice et metteuse en scène), Alain Maratrat (comédien), Phyllis Roome (comédienne, chanteuse) et Praline Gay-Para (auteure, conteuse, comédienne).

Collaborations

Son talent de chanteuse prend vite le dessus… Et dans l’effervescence du Paris des années 2000, des rencontres et des collaborations en studio ou sur scène amènent Sandra Nkaké à côtoyer des artistes avec lesquels elle a des affinités et se sent en confiance : Jacques Higelin (chanteur), L’Orchestre National de Jazz et Daniel Yvinec (contrebassiste, directeur artistique), Juan Rozoff (auteur-compositeur-interprète de funk), Olivier Armbruster alias « Booster » (compositeur de nu jazz), Julien Lourau (saxophoniste de jazz), Troublemakers (groupe électro), Ollano de Marc Collin et Xavier Jamaux (groupe électro), Gérald Toto (auteur, compositeur, chanteur), Rodolphe Burger (musicien, chanteur), Nana Vasconcelos (percussions, berimbau), Jî Mob ou Jî Drû (auteur-compositeur, producteur et flûtiste français de jazz, funk) ou encore Grand Corps Malade (slameur français)…

Mansaadi, le premier album

Forte de ses diverses expériences, Sandra Nkaké décide de se consacrer à son propre répertoire et réalise, en 2008, Mansaadi (dédié à sa mère Lucie). Ce premier album met en exergue son incroyable et puissante voix aux inflexions multiples, tantôt grave, tantôt chaude, tantôt medium… Mansaadi parle d’amour, de partage, de dialogue, de sincérité, de ce qu’elle est profondément : une femme-enfant, une femme-garçonne, une mère de famille, une femme libre et instinctive.

La mauvaise réputation

On y entend La mauvaise réputation, une reprise dans sa propre version d’une chanson écrite en 1952 par George Brassens. La mauvaise réputation est aussi l’intitulé du premier 33 tours 25 cm de Georges Brassens (né le 22 octobre 1921 à Sète et décédé le 29 octobre 1981 à Saint-Gély-du-Fesc dans l’Hérault). Sorti en novembre 1953 sous le titre Georges Brassens chante les chansons poétiques (…et souvent gaillardes) de… Georges Brassens.

Sandra Nkaké n’est jamais où on l’attend. Entre voix d’opéra, folk song ou intonations blues, elle promène sa voix pour nous faire voyager à travers ses histoires… S’ensuivent de longues tournées en France dont la Cigale à Paris, en Afrique centrale, au Mexique et au Brésil. En 2009, elle sort le maxi single La mauvaise réputation (Blackjoy version), un mixtage réalisé par le DJ et producteur Jérôme Caron aka Blackjoy…

La même année, elle fait partie en tant que chanteuse de l’aventure du groupe soul/rock français, Push Up, aux côtés de Ji Drû (flûte traversière, voix), Jean Philippe Dary aka Jean-Fi Dary (claviers, rhodes), Karl The Voice (voix) et Allonymous (voix, slam). Ensemble, ils sortiront en 2010 The Grand Day of Quincy Brown, un premier opus soul, funk, rock, jazz, suivi en 2015 de The Day After aux parfums soul/rock.

Il faudra attendre 2012, pour entendre, Nothing For Granted (« rien n’est acquis » en anglais), un album entre jazz, blues, soul vintage, poprock, R&B et reggae (« No more trouble » de Bob Marley)…
A l’occasion de la sortie vinyle en édition limitée à 300 exemplaires de « Nothing For Granted », elle est le « Coup de cœur » de la Fondation Orange. Une nomination renouvelée à l’été 2013 lors du « Festival du bout du monde » qui se déroule fin juillet à Crozon, en France.

Cinéma

1996 : « Les deux papas et la maman » de Jean-Marc Longval
2000 : « The Girl » de Sande Zeig
2003 : « Bienvenue au gîte » de Claude Duty
2004 : « Casablanca Driver » de Maurice Barthélemy
2009 : « King Guillaume » de Pierre-François Martin-Laval
2011 : « Toi, moi, les autres » de Audrey Estrougo
2014 : « Pas son genre » de Lucas Belvaux
2016 : « Bienvenue au Gondwana » de Mamane
2017 : « Une saison en France » de Mahamat Saleh Haroun
2018 : « Photo de Famille » de Cécilia Rouaud
2022 : « Les Amandiers » de Valeria Bruni Tedeschi

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Nago Seck

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