“Né en 1974 à Thiès, au Sénégal, Diéourou Cissoko aka Ali Boulo Santo Cissoko ("applaudissez fort" dans sa langue socé) est un auteur-compositeur, arrangeur, virtuose de la kora, chanteur (en socé mandingue (sa langue) et fondateur du groupe Manding-Ko, wolof ou français). L’album "Komo Fellé", réalisé avec Frédéric Galliano en 2004, lui vaudra une première reconnaissance. Leur collaboration sur l'album "Manding-ko" le propulsera sur la scène internationale. ”

Le grand-père Soundioulou Cissokho

Né à Thiès à 70 km à l’est de Dakar, Ali Boulo Santo Cissoko est issu d’une longue lignée de djélis (griots). Son père Bakary Cissoko, célèbre djéli et chef d’orchestre de la Gendarmerie Nationale de Dakar, l’initie, dès son plus jeune âge, à la kora dans la plus pure tradition griottique. Passionné et singulièrement doué, il se voit vite désigné comme le digne héritier de son grand-père Soundioulou Cissokho surnommé « le roi de la kora ». En 1992, il obtient son diplôme au Conservatoire National de Musique Traditionnelle de Dakar.

L’oncle Djéour Cissokho

L’année suivante, Ali Boulo Santo Cissoko participe à l’enregistrement de l’album éponyme de son oncle Djéour Cissokho : Lors de l’étape de la tournée sénégalaise de promotion de mon premier opus à Pakaou en Casamance, je demande au public, après un chant de mon neveu Diéourou Cissoko : « Applaudissez fort » qui veut dire « Ali boulo santo » en socé (notre langue mandingue). Dans les loges, tous les musiciens le surnommaient ainsi… Depuis ce soir-là, cette expression est devenue son surnom, précise Djéour.

Une virtuosité hors norme

Doté d’une forte personnalité et d’une virtuosité hors norme, Ali Boulo Santo Cissoko choisit de se démarquer et s’engage vers sa propre voie artistique en adoptant ce pseudonyme, symbole pour lui d’ouverture, de paix, de reconnaissance, tel le messager des valeurs essentielles qu’il véhicule dans ses œuvres. Il n’a pas encore 20 ans quand il devient le pionnier-créateur de la première kora à pédale wah-wah, soucieux d’enrichir ainsi son répertoire de sonorités et styles contemporains tout en mettant en valeur ses racines.

Frédéric Galliano & The African Divas

En 2000, le DJ français (électro, techno), Frédéric Galliano, saisi par le talent du jeune homme, l’engage pour un projet qui le conduit sur les plus grandes scènes du monde, avec l’Orchestre Maquisard International dont il est l’un des leaders, puis avec le collectif African Divas au sein duquel il compose, chante et joue avec brio, entraînant la kora, cet instrument traditionnel d’Afrique de l’Ouest, dans un environnement de musiques des plus actuelles.

Autres collaborations

Ali Boulo Santo Cissoko apporte avec succès et générosité des sonorités et tonalités particulières, ose des rythmes inattendus, de l’afro-beat au rock en passant par le jazz, le blues, la pop, le folk-pop, l’afro-folk, le reggae, l’afro-cubain (salsa africaine) ou les musiques électroniques (électro, techno, downtempo, house, deep house), sans craindre de les associer à son registre traditionnel (musique mandingue), confortant ainsi son génie de grand créateur. Son savoir-faire, sa voix grave et profonde, ne manquent pas d’interpeler de prestigieux artistes. Il a collaboré avec des jazzmen parmi les plus réputés, les frères Belmondo, Tony Allen, Piers Faccini, Julien Baer, Trilok Gurtu, Jeff Sharel, Omar Sosa, et bien d’autres.

Komo Fellé

De ces différentes expériences naîtront trois albums : « Manding-Ko », du nom de son groupe, (avec Hadja Kouyaté – 2001), « Les racines du Ciel » (Doudou Gouirand – 2002), « Komo Fellé » (avec Frédéric Galliano – 2004), l’album qui lui vaudra une reconnaissance internationale, « Naturel » (2004), « Resistances » (Jeff Sharel – 2004), « Farakala » (avec Trilok Gurtu & Frikyiwa Family – 2005), « Notre Dame des Limites » (Julien Baer – 2005), « Waniarta » (2007)…
Ali Boulo Santo collaborera ensuite dans bien d’autres projets en tant que chanteur, instrumentiste, compositeur ou arrangeur : « Kirikou et Karaba » (2007), « Silmakha » (2008) avec Fania, New Cool Collective Jazz Band d’Amsterdam, « Afreecanos » (Omar Sosa 2008)… Sans relâche, Ali Boulo Santo Cissoko poursuit sa voie et sa recherche autour de l’héritage familial, ajoute à sa kora de nouvelles pédales à effets multiples. Bien ancré dans son temps, il n’hésite pas à s’appuyer sur les atouts informatiques et électroniques pour faire évoluer son art.

Hommage à Bakary

En 2009, Ali Boulo Santo Cissoko se lance un nouveau défi : réaliser un album plus novateur, optant pour l’association d’une grande variété d’instruments musicaux traditionnels et modernes, dans une fusion des genres, sans la moindre trahison culturelle. Sort alors en 2010, « Hommage à Bakary », un opus dédié à son père. En toute discrétion, cet artiste insatiable consolide cette passerelle entre l’Afrique et l’Occident, optimise cette dualité qu’il représente, point de jonction entre Cultures et Musiques du Monde, avec humanité, sincérité et respect, demeurant ainsi, toujours fidèle à lui-même.

*Source : https://www.aliboulosanto.com

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Nago Seck

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