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Djéour Cissokho est sans conteste le digne héritier de celui que l'on surnommait "le roi de la " kora", le regretté Soundioulou Cissokho. Avec son groupe Allalaké, il développe une fusion de mélodies et rythmes du répertoire de kora mandingue du royaume du Gabu (zone d'origine de la kora), de mbalax sénégalais, de jazz et funk américains, de salsa cubaine ou de reggae jamaïcain... Djéour a concocté une œuvre originale, "Guisna", réunissant héritage mandingue, pulsations mbalax et accents d'Afrique centrale. I y reprend "kaira" et "Sori", 2 titres son père Soundjoulou Cissokho, le "monument" de la kora.”

Au fond de l’inconnu

L’héritier de Bah Djéli et Soundioulou Cissokho

bah_djeli_et_soundioulou_si.jpgIssu d’une grande famille de « djélis korafolas » (griots joueurs de kora) du Sénégal, l’auteur, compositeur, joueur de kora et chanteur, Djéour Cissokho, fait partie des « korafolas » les plus doués de sa génération. Son grand-père, Bah Kimintang Cissokho dit « Bah Djéli Cissokho » fut, avec son cousin Nago Guèye, le premier à présenter la musique de kora en Europe dans les années 1930.

Son père, Kémokho Kandara Cissokho dit « Soundioulou Cissokho » (décédé en 1994), fut dès 1948 la première véritable star de la kora mandingue. Chevalier de l’ordre du mérite sénégalais, il reçoit, en 1972, pour ses 58 compositions déposées, la médaille de la SACEM en France (la Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique en France).

Djéour Cissokho & Allalaké

Formé à la kora par son père et au solfège par deux de ses frères (ex de l’Ecole des Arts de Dakar), Djéour Cissokho a toujours respecté un des préceptes de son regretté papa Soundioulou Cissokho: « Il était contre les koras à clés et j’ai suivi son conseil. Régler les notes avec une lanière est beaucoup plus difficile mais ouvre des possibilités. La kora ne se joue pas avec des gammes mais des modes. Parfois, à cause des lanières, la kora se désaccorde et d’autres notes surgissent. Les lanières laissent une forme de liberté et de créativité ».

Plus tard, Djéour Cissokho se perfectionne à son tour à l’Ecole des Arts de Dakar. C’est à lui que reviendra le rôle d’amener la pure tradition familiale vers la modernité en croisant le répertoire de la musique mandingue de kora au mbalax wolof, au reggae, à la salsa, au jazz et à l’afro zouk. Auteur de plusieurs cassettes et CD dont Unité (1999), Guisna (2003), Au fond de l’inconnu (2006) et La nuit nous voit (2009), des albums réalisés avec l’excellente chanteuse Banta Cissoko et produits par le label Zoum-Zoum de Josée Lapeyrère, Djéour Cissokho et son groupe Allalaké (la main de Dieu) sont l’objet d’un film documentaire réalisé en 2002 par INA (l’Institut National de l’Audiovisuel). Initiateur du Mémorial Soundioulou Cissokho à Dakar, Djéour Cissokho a réuni en mai 2001 des vedettes de la musique mandingue comme Amy Koïta, Djéliba Kouyaté et Djéli Mory. Sa fusion subtile et mélodieuse donnée, entre autres par sa kora et les percussions (sabar, djembé d’Ousseynou Diouf, et soutenant des textes sur l’Afrique, l’exil, la corruption ou l’immigration, chantés en « socé » (sa langue), en « malinké », en « wolof » ou en français, sont diffusés dans divers pays du monde : Sénégal, Mali, Côte d’Ivoire, Guinée, France, Angleterre, Allemagne, Suisse, Chine, Japon et Etats-Unis (où il est invité par la Columbia University de New York pour des conférences).

* Crédits photos: Josée Lapeyrère

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Nago Seck

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