Née en 1958 à Vahipeno dans le sud-ouest de Madagascar, Lala Njava, de son vrai nom Gabrielle Raharimalala, est issue d’une famille de quinze frères et sœurs, dont elle est la huitième. Ainsi, elle grandit dans un cadre familial simple et rythmé au son de la musique faisant partie intégrante de la famille depuis plusieurs générations. Telle une tradition ancestrale, Lala chante depuis son plus jeune âge cet héritage musical précieux. Elle s’inspire notamment du style “beko” des Antandroy et des Mahafaly du sud malgache pour créer son blues malgache chanté d’une voix grave. Elle explore aussi le tsapiky (du sud aussi), le “rija” des Betsileo du sud des hauts plateaux, le tsensigat ou folk malgache (afro-folk) ou encore l'afro-pop et l'afro-fusion…”

Malagasy Blues Song

Suarez

Njava

Lala Njava s’illustre en 1992 en remportant le Prix Media du concours Découvertes RFI avec le groupe familial Njava (du nom de leur père), composé de sa sœur Monique Rasoarnirina dite Monika Njava (voix) et de trois de ses frères, Théogène « Dozzy » Randriamanpionana (guitare, marovany, voix), Patrick “Pata” Randriamanjava (batterie, voix) et Maximin “Max” Randriamanjava (basse, voix). En 1995, ils enregistrent leur premier album international Vetse (EMI Hemisphere) révélant leur musique qu’ils appellent “ethnotic groove”. Ce genre acoustique soutenant des textes sur la maltraitance infantile, les enfants des rues, la corruption, la justice sociale, l’unité, la tolérance, l’espoir, le désespoir, l’amour et l’humour est inspiré des styles, dont le “beko” des Antandroy et des Mahafaly du sud malgache. Le succès immédiat auprès du public et des spécialistes de la world music les mène sur les routes du monde durant 4 années (Belgique, Japon, Espagne, Etats Unis, Mexique, Brésil), participant aux festivals Womad (Angleterre), Voice of Asia (Kazakhstan), Africolor et Les Transmusicales de Rennes (France), Festival de Montréal (Canada)… Ce long périple permet ainsi à la famille Njava de contribuer d’une manière significative à la reconnaissance internationale de la musique malgache.

Entre-temps, Njava enregistre Source (2000), un opus fidèle à leur “ethnotic groove” acoustique donné par des percussions, batterie, basse, guitare, valiha de leur cousin Dada Ravalison, sans oublier la voix au timbre riche, expressive et vivante de Monika et celle, grave, de Lala.

Deep Forest & Frederic Galliano

Dans la foulée et sous le charme de sa voix originale, le groupe Deep Forest d’Éric Mouquet et de Michel Sanchez propose à la chanteuse de participer à l’enregistrement de l’album (Comparsa (Sony Music – 1998) ainsi qu’à la tournée mondiale qui s’en suivra. Cet album sera rapidement disque d’or avec plus de 100.000 exemplaires vendus à travers le monde puis disque de platine. Cette aventure musicale où sa sœur et elle-même apportent des voix malgaches, Antandroy et Mikea (du sud) et Sakalava (peuples originaires de la province d’Isaka sur la côte du sud-est) se clôturera avec un Live in Japan.

Quant au groupe Njava, il poursuit sa voie et enregistre un deuxième album intitulé Source (EMI/Hemisphere-2001). En 2002, elle participe à l’opus African Divas de Frederic Galliano, un projet réunissant plusieurs chanteuses africaines et primé la même année aux Victoires de la musique en France. Depuis, Lala Njava n’a cessé de chanter, que ce soit avec la famille Njava ou encore pour le projet musical Tanjona-Tany initiée par Greenpeace. Fortement concernée par l’avenir de Madagascar, Lala est impliquée dans de nombreux projets humanitaires, offrant une partie de la recette des ventes de cet album à l’ONG “Graine de vie” qui lutte contre la déforestation en finançant la plantation d’arbres à Madagascar.

Malagasy Blues Song

En 2007, les frères Dozzy Njava, Pata Njava et Max Njava fondent le groupe Interphone, lauréat du concours “Carrefour des Talents” des Francofolies de Spa – Belgique. Un an plus tard, leur rencontre avec Marc Pinilla aboutit à la création du groupe de pop-rock Suarez et d’un studio d’enregistrement à Mons. Quant à sa sœur Monika Njava, elle suit une carrière solo et sortira en 2012 son premier opus personnel Haizina ; mais la famille se retrouve de temps à autre pour divers projets…. Un an plus tard, Lala Njava enregistre à son tour Malagasy Blues Song (Riverboat), dont les magnifiques “Sweet Lullaby” et “Pardon à l’Afrika”. Ce premier album solo dédié au blues malgache chanté d’une voix grave au timbre riche est réalisé avec ses frères Dozzy (guitare, chœurs), Pata (batterie, chœurs) et Max (basse, chœurs) et son compatriote Régis Gizavo (accordéon).

Militantes de la cause des déshérités, Lala Njava, sa sœur Monika et des femmes malgaches résidant en Belgique ont créé en 2003 une association, “Dames d’amour”, dont le but est de soutenir les femmes et les enfants de certains villages défavorisés Madagascar. Pour collecter des fonds, elles ont formé un trio a cappella Dames d’amour qui donne des concerts ou organise des soirées et ouvert un magasin d’artisanat malgache. Les recettes de ces activités sont destinées à l’association.

* Source : http://www.lalanjava.com

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Nago Seck

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