Né en 1947 à Kindia, en Guinée, Mamadou Aliou Barry aka Maître Barry est un auteur-compositeur, arrangeur, chef d’orchestre, percussionniste, flûtiste et saxophoniste virtuose. Fils de Mamadou Oury Barry dit Maître Barry, accordéoniste et batteur de l'orchestre Le Pavillon Bleu de Kindia dans les années 1940/1950, il reçoit auprès de ce dernier ses premières leçons musicales, avant de devenir maître tambour au sein des Ballets de Guinée, et de s’orienter plus tard vers un style naviguant entre afrobeats guinéens (musique pulaar (peule), musique mandingue...), afro-pop, afro-jazz, afro-funk, afro-cubain ou encore afro-zouk. ”

Niyo

Mamadou Barry appartient à la génération de musiciens guinéens ayant grandi dans un pays où la culture – et particulièrement la musique – avait été érigée en instrument politique afin de contribuer à la naissance d’un sentiment national. Le mécénat et le soutien aux artistes affichés par l’Etat ont permis à la musique moderne guinéenne de vivre son âge d’or. Des orchestres comme le Bembeya Jazz National, des chanteurs comme Kouyaté Sory Kandia, Aboubacar Demba Camara, Sékouba Bambino, ou un guitariste comme Sékou « bembeya » Diabaté dit “Diamond Fingers” ont eu un rayonnement dans toute l’Afrique et connu un succès populaire sans précédent. Basées sur les musiques traditionnelles d’une exceptionnelle richesse d’un pays composé de nombreux groupes ethniques, avec une forte et longue histoire, transmise depuis des siècles par les djélis (griots), les musiques guinéennes possèdent une identité et une originalité qui ne sont pas sans rappeler celles du Mali, autre grand pays de la musique.

Mamadou Barry et le Kaloum Star

Instituteur devenu musicien par passion, autoditacte, Mamadou Barry est initié aux instruments à vent par le clarinettiste martiniquais Honoré Copé (membre fondateur du Syli Orchestre de Guinée en 1959), et formateur de musiciens débutants. Par la suite, il se forme à la théorie musicale auprès d’un professeur nord coréen. Après un voyage à Cuba où il découvre le « son montuno », celui qu’on surnommera Maître Barry se lance dans la composition et se perfectionne dans l’arrangement.

En 1966, il devient le chef d’orchestre du Kaloum Star une des formations pionnières du pays, et dernier big bang « mécéné » par Sékou Touré. Il dirige ensuite le Gombo Jazz qui se produit régulièrement dans la capitale guinéenne. Cette formation se distingue alors par son ouverture vers jazz, l’afro-beat nigérian, le highlife ghanéen, des styles musicaux qu’elle introduit dans le folklore mandingue modernisé.

Depuis la fin des années 1980, et celle des orchestres conventionnés, Mamadou Barry se produit dans les clubs de la capitale Conakry, en Afrique et en Europe, avec diverses formations entouré de jeunes musiciens qu’il forme et met en valeur.

« Niyo »

Egalement percussionniste et flûtiste (flûte traversière), Mamadou Barry fusionne dans son premier album solo « Niyo », paru en 2005, diverses musiques de Guinée, dont la musique mandingue, et des sonorités importées comme la musique afro-cubaine ou le jazz américain. Cet opus laisse entendre, comme dans “Sumbouya”, de magnifiques dialogues entre le saxophoniste Mamadou Barry et la chanteuse Sia Tolno, jeune révélation de la scène guinéenne.

Dans Africa Five, Mamadou Barry nous offre une version afro de Take Five, la fameuse composition du saxophoniste Paul Desmond, écrite en 1959 pour l’album « Time Out » du Quartet du pianiste Dave Brubeck, et devenue un standard de jazz américain.

« Wamato » des Amazones de Guinée

Héritier de Momo Wandel Soumah, Mamadou Barry est devenu une figure incontournable de la scène guinéenne. Il a accompagné de nombreux groupes du pays, faisant valoir ses talents de saxophoniste (alto, soprano, ténor), et a arrangé en 2008 l’album « Wamato » des Amazones de Guinée, dans lequel il joue aussi du saxophone.

« Tankadi »

Le 24 juin 2016, Mamadou Barry sort « Tankadi », son second album plus funky, plus jazzy et plus afrobeat que le précédent « Niyo ». Avec des échappées latines (afro-cubaines) et des titres revisitant les chants traditionnels des Peuls et des forestiers du nord de la Guinée.

Enregistré en direct (« live ») au Rocher de Palmer (salle des musiques actuelles de Cenon dans l’agglomération bordelaise) ce deuxième opus de Mamadou Barry – sophistiqué et dansant – est une vraie pépite. Il est réalisé avec son groupe Afro Groove Gang, composé d’excellents artistes de Conakry comme Mamady Diabaté (guitare solo), Malick Condé (guitare rythmique), Mohamed Kouyaté (basse), Ibrahima « Rizo » Bangoura (voix), Lamine Condé (djembé) et Ansoumane Kaloga (batterie), mais aussi le Congolais Jean-Emile Biayenda des Tambours de Brazza (percussions).

À propos de l'auteur

Sylvie Clerfeuille

Sylvie Clerfeuille

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