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Auteur, compositeur, joueur de kamélé ngoni et chanteur originaire de la Guinée, Mohamed Binné Diabaté aka Prince Diabaté est considéré comme l'un des pionniers de la kora "alternative" grâce à un parcours musical riche et singulier. Issu d'une grande famille de djélis (griots) Malinkés guinéens, Prince Diabaté commence son apprentissage de la kora dès l'âge de 5 ans auprès de son père, Djéli Sory Diabaté. Sa musique, construite autour de cette harpe-luth d’afrique de l’Ouest, mêle musique mandingue, blues, reggae, funk, jazz, rap ou flamenco…”

Prince Diabaté à Abidjan

Rompant avec la tradition, son père a également enseigné la mère de Mohamed Binné, Hadja Djéli Sira Cissoko, à jouer à la kora et le petit Diabaté est devenu apprenti exceptionnellement précoce en accompagnant ses parents lors de leurs concerts à travers l’Afrique de l’Ouest. Mais Djéli Sory ne veut pas que son fils cadet soit musicien comme lui ; il préfère qu’il fasse ses études et apprenne un métier. Alors le jeune fonceur est obligé d’apprendre à jouer la kora en cachette. Mais, à l’âge de 9 ans, prenant son destin musical en main, le jeune virtuose attire l’attention de l’ancien président de la Guinée, Ahmed Sékou Touré, qui l’invite à rejoindre la capitale, Conakry, et le Théâtre National pour Enfants. Suite à sa formation, Prince Diabate, alors âgé de 16 ans, décide de partir à l’aventure à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Invité à se présenter au “Concours International de Kora”, Mohamed Binné Diabaté s’inspire de la prestation de Jimi Hendrix vue dans une vidéo-cassette et remporte le premier prix. Depuis ce jour, il est surnommé “Prince Diabaté”, “Prince de la Kora” ou “Jimi Hendrix de la Kora”, autant pour sa technique élaborée qui fait de sa kora à la fois une basse, une percussion ou une harpe, que pour la relation particulière entre son instrument et lui.

Duo Prince Diabaté & Amara Sanoh

En 1986, Prince Diabaté forme un duo avec le chanteur guinéen, Amara Sanoh, et ensemble, ils commencent à se produire un peu partout en gagnant de nombreux prix, dont notamment les “Découvertes RFI 1990” organisés par Radio France Internationale. En 1993, ils sortent Lamaranaa – Guinée : Chant et Kora, un album chanté en soussou et en peul, enregistré sous la direction artistique de François Kokelaere à Cité de Mémoire, à Paris (France), et paru chez Buda Musique. Le succès de cet opus impose Prince Diabaté comme l’un des joueurs de kora les plus talentueux de la nouvelle génération et lance le Duo Prince Diabaté & Amara Sanoh sur le plan international, en leur donnant l’occasion de se faire remarquer sur les grandes scènes en Europe, en Afrique, au Canada et aux Etats-Unis.

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New Life, une nouvelle vie

Lorsque le duo se dissout en 1998, Prince Diabaté décide de rester aux Etats-Unis pour une nouvelle carrière. Enrichi de ses collaborations et rencontres avec des artistes américains, il fonde un nouveau groupe, tout en développant sa signature personnelle à la “Jimi Hendrix”, marquée par une pédale wah-wah branchée sur sa kora. En 2001, sort son premier album solo, New Life (Nouvelle vie), réalisé avec des invités américains qui ajoutent une dimension universelle au projet. Enregistré entre New York et Los Angeles, New Life est un opus de fusion (afro-pop), tiré de la musique mandingue, avec des parfums funk, rap, flamenco, blues, reggae ou merengue. Parallèlement aux concerts et tournées avec son nouveau groupe américain, et en sa qualité de djéli (griot), Prince Diabaté intervient dans les écoles secondaires, les collèges et les universitésn comme Columbia University (New York) et University of California (Los Angeles). Son talent lui a valu de nombreuses récompenses, dont “L.A. Weekly Music Awards” et “International Songwriting Contest”, et le soutien financier des institutions culturelles (Arts International, Alliance for California Traditional Arts). Prince Diabaté est aussi sollicité par les studios de cinéma et de télévision d’Hollywood pour participer à l’enregistrement de musiques de film.

Djerelon, le retour aux sources

Toujours à la recherche des sonorités nouvelles, Prince Diabaté puise dans les rythmes de la tradition “wassoulou” qu’il adapte à son propre jeu en les mêlent habilement pour en créer des compositions originales. En compagnie de Djékoria Mory Kanté (guitare) et Marino Zappellini (saxophone, flûte), il présente ce répertoire sur scène en jouant, de façon atypique, du kamélé ngoni, instrument traditionnel des chasseurs bamanas (ou bambaras). Le résultat se révèle dans Djerelon (“Retour aux sources” en malinké), un album électro-acoustique (afro-folk) enregistré en 2006 à Conakry, en Guinée, et coréalisé avec feu Kanté Manfila (1947-2011), guitariste et arrangeur de Salif Keïta. Album très abouti, Djerelon confirme toutes les potentialités de Prince Diabaté comme musicien et interprète. Son approche fraîche nous transporte dans une ambiance d’autres cultures de la Guinée (Peul, Soussou, Baga) pour en faire une rencontre réussie et saluée par la presse américaine.

Le 17 mai 2008, son concert sur la scène de l’Acoustic Music San Diego (AMSD), en Californie (USA), en compagnie de Ken Rosser (guitare acoustique) et Becky Allen (segue-segue), fut l’objet d’un film documentaire réalisé par Steve Laub.

Hommage à Momo Wandel Soumah

Installé depuis en France, Prince Diabaté navigue entre les Etats-Unis, la France et la Guinée. De 2009 à 2011, il est invité par Mamady Keïta et son groupe Sewa Kan pour leurs tournées mondiales. En 2012, il crée la série Biennale des concerts d’hommage au feu Momo Wandel Soumah (1926-2003), excellent saxophoniste et doyen de l’afro-jazz (jazz africain), en collaboration avec le Centre Culturel Franco-Guineen (CCFG) à Conakry (Guinée). En 2013, il monte à Paris un duo avec le guitariste Jeff Kellner (ex Souad Massi, Salif Keïta, Touré Kunda). A la fin de l’année, le « Prince Diabate Academy of Music » est lancé en Guinée. Ce beau projet, la réalisation d’un rêve ambitieux de plusieurs années, est la première école internationale de musique en Guinée, dédiée aux instruments à cordes et à la flûte pastorale. Grâce à l’encouragement de Madame Kaba Rougui Barry, Ministre des Guinéens de l’extérieur, et d’autres personnalités du pays, le chantier est déjà en cours et la pose officielle de première pierre a été fêtée au mois de décembre 2013.

* Source et crédit photo: http://www.princediabate.com/

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Nago Seck

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