Enregistré à Nouakhchott avec les musiciens du groupe Sahel Hawl Blues dirigé par Hadradmy Ould Meidah, Dunya, l'album de Malouma aux couleurs berbères, peules, soninkés, wolofs et blues ou rock («~Tab ley' ât~») se révèle moins variété que le précédent, puisant davantage aux sources des musiques maures comme l'azâwân , le bedja ou le medh . On se laisserai séduire par la voix de l’artiste tout à la fois frémissante, puissante, déchirante et gaie et on applaudira cette ouverture vers le versant noir de la musique mauritanienne longtemps méprisée par la caste des iggawins. ”

Dunya


Après un premier album international, Desert of Eden sorti en 1998, la nouvelle voix de la musique maure signe Dunya (Marabi Productions). Sur la scène maure, les femmes ne manquent pas : on se souvient de [Tahra , éphémère porte parole du combat féministe. On connaît moins Kartouma Bint Chikli , Elalya Mint El Meyda, Mawa Mint Abba et Mouna Hembara qui occupèrent la scène musicale des années 1990.

Comme Dimi Mint Abba , virtuose de l’ardin et grande star de la scène nationale, Malouma Mint Meidah, issue d’une grande famille d’iggawins chante et joue de l’ardin . Mais contrairement à cette dernière, elle s’est illustrée par son engagement politique dès 1991 signant plusieurs textes en faveur de la liberté de parole et la démocratie, une attitude qui lui valut quelques sérieux problèmes. Son premier album enregistré au studio 2000 à Dakar avec des pointures sénégalaises (Oumar Sow, Thierno Kouyaté, Pape Dieng, El Hadji Faye et Thio Mbaye ) s’affirmait comme un véritable pont entre mbalax (dans les lignes de guitare en particulier) et la musique maure et proposait une reprise originale du titre d’Otis Redding «~Fa fa fa~».

Enregistré à Nouakhchott, ce second opus, s’il injecte quelques couleurs berbères, peules, soninke et wolof et bifurque parfois vers le blues («~Dunya~») et le rock («~Tab ley at~»), se révèle moins variété que le précédent, puisant davantage aux sources de la musique maure. On se laissera séduire par la voix de l’artiste tout à la fois frémissante, puissante, déchirante et gaie et on applaudira cette ouverture vers le versant noir de la musique mauritanienne longtemps méprisée par la caste des iggawins.

Musiciens: Malouma (voix, ardin) ; Abdel Veta Ndao (guitare solo) ; Aly Ndao (guitare rythmique) ; Arafat Ould Meïdah (claviers) ; Ousmane Diamorou Touré (guitare basse) ; Sedoum Ould Abe (tidinit) ; Hamza Ould Moussa (tabla) ; Birome Fall (djembé) ; Lamine Kane (batterie) ; Penda Athié / Aïcha Athié (choeurs) ; Mohamed Ould Dedah Ould Choueikh (guitare – 1 & 5) ; Mohamed Ould Meidah (tidinit – 12) ; Rachid Bengacem (darbouka, bendir, tar)

Titres: 1. Char’aa ; 2. Mreïmida ; 3. El Moumna ; 4. Tuyur El Wad ; 5. Lebleïda ; 6. Tab ley’ ât ; 7. Dunya ; 8. Jraad ; 9. Mahma El Houb ; 10. Welfi ; 11. Rafi ; 12. Intro El Houb

À propos de l'auteur

Sylvie Clerfeuille

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