“Né le 1er janvier 1949 à Ouélessébougou, au Mali, Idrissa Soumaoro est un auteur-compositeur, multi-instrumentiste (kamélé ngoni, sanza, tambin (flûte peule), balafon, guitare, orgue, piano, harmonica) et chanteur afro-blues et afro-folk aux parfums mandingues, avec des incursions peules. Diplômé en musicologue braille à l'université de Birmingham, en Angleterre en 1987, il a enseigné la musique à des non-voyants. Idrissa Soumaoro est le compositeur, en 1969, du fameux "Ancien combattant", une chanson reprise en 1975 par le groupe guinéen Balla et ses Balladins, puis en 1984 par le Congolais Zao dans une version humoristique.”

Son enfance

Jeune, Idrissa Soumaoro a son premier contact avec une guitare chez son beau-frère à Ouélessébougou. Pendant son enfance et puis plus tard durant l’adolescence, il passe ses vacances scolaires à Bamako, à 75 km de son village natal. Selon ses propres dires, le bouillonnement culturel qui régnait alors dans la capitale ont eu une importance décisive sur sa destinée d’artiste. C’est là qu’il découvre l’harmonica, la flûte et le timbo.

Ses débuts

À l’âge de 18 ans, le jeune Idrissa forme avec des amis son premier groupe, Djitoumou-Jazz de Ouéléssébougou, et se produit le samedi soir dans la localité. En 1968, il entre à l’Institut National des Arts de Bamako, et pendant ses études, il enregistre des chansons pour l’ORTM (Office de radiodiffusion télévision du Mali).

Les Ambassadeurs du Motel de Bamako

À sa sortie de l’Institut National des Arts de Bamako, il devient enseignant à Diré, puis à Bamako. Il continue tout de même à se produire avec des orchestres comme Les Ambassadeurs du Motel de Bamako, sous la direction musicale de Kanté Manfila. Il sera plus tard le chef d’orchestre de cette formation où Salif Keïta fut le chanteur avant de quitter le Mali pour Abidjan (Côte d’Ivoire).

Ancien combattant

En 1969, alors âgé de 20 ans, Idrissa enregistre pour la radio malienne le 45 tours « Petit imprudent / Toi que j’aime », dont Ndiaya Ngne Mogo avec Abdoul Salam & Boubacar Traoré. Sort la même année « Ancien combattant », une chanson reprise par de nombreux artistes dont le groupe guinéen Balla et ses Balladins en 1975 ou le Congalais Zao surnommé « Monsieur Cadavré » en 1984.

Idrissa Soumaoro et les non-voyants

Sa rencontre avec Amadou Bagayoko du duo Amadou & Mariam, alors à de l’I.J.A. (Institut des Jeunes Aveugles) de Bamako le pousse à s’intéresser aux problèmes rencontrés par les non-voyants. En 1978 sort « Le Tioko Tioko », un album enregistré par Idrissa Soumaoro avec l’orchestre Eclipse de l’I.J.A. où il enseigne. Y sont présents ses élèves Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia (Amadou & Mariam). Au début des années 1980, il monte l’orchestre Miriya (« pensée » en langue bambara), composé exclusivement de musiciens et chanteurs non-voyants dirigé par Amadou et Mariam. En 1984, grâce à cette initiative, il obtient une bourse pour aller étudier la musicologie braille à l’université de Birmingham, en Angleterre.

Par la suite, Idrissa Soumaoro anime des soirées VIP dans plusieurs hôtels de Bamako, avec son ensemble Les Compagnons. En 1998, il lance « Köte » un opus proposant une vue sur ses multiples talents, en faisant un mix de blues et de rythmes maliens. Mis à part une reprise de « Ancien combattant », l’album connaît une approche à la fois nostalgique et fraîche tout en restant acoustique, avec des instruments comme la guitare hawaïenne, l’harmonica, l’accordéon, le tambin (flûte peule), le kamélé ngoni et différents instruments de percussion. L’année 2009 le voit enregistrer « Djitoumou ».

Djitoumou

L’année 2009 voit Idrissa Soumaoro sortir « Djitoumou », un album de 12 titres comprenant « Bérébéré » enregistré avec Ali Farka Touré et « Femmes, je vous salue » avec Kandia Kouyaté.

Récompenses

Prix général Elizabeth Williams du Département de musique du Royal National Collège de Royaume-Uni

Prix de l’Académie de musique pour les handicapés visuels de Hereford

2002 : Chevalier de l’Ordre national du Mali

2004 : Prix Découverte RFI

*Sources :
facebook
wikipedia
https://musique.rfi.fr/

À propos de l'auteur

Sylvie Clerfeuille

Sylvie Clerfeuille

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