“Auteur-compositeur, multi-instrumentiste et chanteur, Antoine Akpeba Mumba aka Koffi Olomide s'est imposé sur les scènes africaines et internationales par ses qualités de showman, de crooner et par sa danse, le tcha tcho, exécutée sur une rythmique soukouss love. ”

Antoine Malika Mabe

Né le 13 août 1956 à Kinsangani (Congo Kinshasa (RDC)), d’une mère Congolaise et d’un père Sierra-Léonais, Antoine Akpeba Mumba aka Koffi Olomide découvre le monde dans des conditions douloureuses : sa mère malade ne peut allaiter le bébé pris en charge par une voisine. Il naît une main plaquée sur la joue symbole dans son pays de détresse et de souffrance morale et sera baptisé « Antoine Malika Mabe » (Antoine mauvais sang). Ces débuts difficiles marquent profondément le jeune Congolais qui développe plus tard une liste inépuisable de textes sur l’amour avouant un besoin permanent et obsessionnel d’affection.

Premiers succès

A Kinshasa, où il grandit, le jeune Antoine compose ses premières chansons en s’inspirant des œuvres des Français Jacques Brel et Georges Brassens, et des Congolais Jean-Serge Essous, Tabu Ley Rochereau et Los Nickelos sans oublier l’apprentissage de la guitare. A l’âge de dix huit ans, après des études secondaires au lycée St. Jean de Lingwala, le jeune Antoine s’envole pour Bordeaux où il suit des cours de commerce mais profite de ses vacances au pays pour renouer avec sa passion, la musique. Après « Onia », une première composition passée inaperçue, il enregistre « Princesse Ya Synza » (feat. Kester Emeneya) et « Asso » qui lui vaudront en 1978, le prix de « Meilleur auteur-compositeur et interprète » du Zaïre (actuelle RDC). Suivent « Samba Samba », « Ekoti ya Nzube », « L’oiseau bleu »… En 1979, Koffi Olomidé enregistre « Ba La Joie », en featuring avec divers artistes et groupes comme Pepe Manuaku, Oncle Bapius, Bozi, Likinga, Viva La Musica, Zaïko Langa Langa. Auteur-compositeur à présent reconnu par ses pairs, il est sacré à 22 ans « Meilleure vedette de la chanson zaïroise » grâce au morceau « Anibo » interprétée en duo avec Papa Wemba.

Un répertoire sentimental et dansant

1983 constitue un tournant de sa carrière avec la sortie de l’album « Ngounda (l’exilé) » enregistré à Bruxelles. Suivent deux albums enregistrés en duo : Olomidé feat. Yzakini Kiesse et Olomidé feat. Fafa de Molokoï. Trois ans plus tard, il monte son propre groupe Quartier Latin et s’impose enfin en leader et showman. Ses qualités de multi-instrumentiste (guitare/basse), de compositeur, sa voix féline aux aigus lyriques et son registre sentimental en lingala aux paroles poétiques et métaphoriques font un tabac auprès des jeunes et surtout des femmes.
Celui que ses fans surnomment « Rambo » pour avoir supplanté certaines vedettes nationales alternent les morceaux langoureux et un soukouss très tonique comme dans « Henriquet », un hommage à Miss Ciciba, de son vrai nom Carole Henriquet. Son grand tube sorti en 1988. Dans ses spectacles, Koffi Olomide conforte sa popularité grâce au tcha tcho, une danse endiablée proche du kwassa kwassa.

Voyage entre soukouss et rumba

A la fin des années 1980, son style illustré par des titres comme « For ever » alterne soukouss et rumba lente, privilégiant mélodies et voix. En 1991, il sort « Les prisonniers dorment » puis enchaîne avec « Diva » fidèle aux origines de la rumba et dominée par les guitares (solo, rythmique et basse) de Zangi Poli Kounda Toure. Y figure le titre « Kiki Ewing » où l’artiste propose des lignes personnelles de guitare acoustique.
Suivent au cours de cette décennie d’autres albums sortis sous le label Sonodisc qui assoient sa popularité: « Pas de faux pas », « Haut de gamme » en 1992, « Magie » et « V12 » en 1994, et surtout « Noblesse Oblige » en 1993, son grand succès de la décennie. Accusé en 1995 de plagiat (affaire Wenge Musica), d’absence de respect de ses contrats (Ringo Moya) et de ses musiciens (l’affaire Scola), il crée l’événement en 1996 avec son duo avec Papa Wemba dans l’album « Wake Up » puis sort l’année suivante « Loi » et « Ultimatum » avec son groupe Quartier Latin. « Affaire d’Etat » sorti en 1997 fait la part belle au ndombolo et évoque la tragédie de la guerre.

De l’Olympia à Bercy

Ses talents de crooner lui attire un public féminin toujours plus nombreux et en 1998, il se produit à l’Olympia à Paris, réalisant un de ses rêves les plus chers : partager la même scène qu’une de ses idoles de jeunesse, Jacques Brel. « Live à l’Olympia », le disque tiré de ce concert sera disque d’or. Suit la même année un concert au Zénith où l’artiste zaïrois se produit en compagnie des Haïtiens Tabou Combo.
L’an 2000 consacre l’artiste sur la scène internationale avec la sortie de l’album « Attentat » auquel participe Coumba Gawlo Seck et Passi et le triomphe à Bercy où il invite l’artiste sénégalais Youssou Ndour. Au fil des albums, il a intégré dans sa musique du ndombolo, des sonorités afro-cubaines, du rap, du funk, de la soul, sans jamais oublier le soukouss-love, la référence de son style.
Le 15 Août 2012, Koffi Olomidé, est arrêté à Kinshasa pour coups et blessures sur son producteur, Diego Music, le matin même à l’hôtel Venus.

À propos de l'auteur

Sylvie Clerfeuille

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