“Né en 1962 à Pété Ouarack, à Louga, au nord-ouest du Sénégal, El Hadj Malick Ndiaye dit Ass Malick Ndiaye s'est fait un nom avec des chants religieux de la confrérie soufie Tidjania. Ses textes faisant référence à la morale islamique concernant le bon comportement des femmes, des hommes et l'éducation des jeunes, chantés en wolof (sa langue) et soutenus par un mbalax tantôt soft, tantôt endiablé (teinté de funk, pop, jazz ou salsa), connaissent un franc succès auprès du public initié.”

La Tijaniyya

Confrérie soufie, la Tijaniyya (Tidjania, Tidjaniya, Tijaniya, Tijania) est une voie spirituelle de l’Islam du Prophète Mohamed. Elle est incarnée au Sénégal par la confrérie des « Tidjanes » : le khalife El Hadj Omar Tall, Seydou Nourou Tall, El Hadji Malick Sy, Serigne Seydi Ababacar Sy, El Hadj Mansour Sy, Serigne Abdoul Aziz Sy, Serigne Mouhamadou Mansour Sy, Baye Niasse, Cheikh Ahmed Tijani Ibrahima Niasse…

Mame Khalifa Ababacar Sy

Alors en classe de CM2, Ass Malick Ndiaye abandonne l’école pour la musique et commence à animer les fêtes de quartier, notamment les “kassaks” (fêtes nocturnes de circoncision) à Dakar où il a grandi. A l’âge de 15 ans, il organise des soirées dansantes où ses amis d’enfance lui demandent à chaque fois de chanter, appréciant particulièrement sa voix de ténor et lui prédisant une carrière musicale. Dès lors, un pote lui suggère de rejoindre un petit groupe du quartier HLM où il fait un bref passage. Repéré par El Hadji Faye, ce dernier lui propose d’intégrer son groupe Etoile 2000, créé à la scission de Etoile de Dakar. Là-aussi, il n’y fera long feu et quitte la formation pour un orchestre du quartier Niary Tally où il va s’affirmer comme chanteur lead.

En 1985, Ass Malick Ndiaye trouve enfin sa voix en adhèrant au “Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty”, une néo-confrérie musulmane sénégalaise. Dorénavant, ses chants seront surtout inspirés par la “Tidjaniya” et feront référence à la morale islamique concernant le bon comportement des femmes, des hommes et l’éducation des jeunes. Au sein de ce mouvement religieux, sa voix de rossignol célébrant notamment la grandeur d’âme de son maître Mame Khalifa Ababacar Sy (Serigne Seydi Ababacar Sy Ibn Malick) pénètre les cœurs des disciples. Dès lors, la renommée d’Ass Malick Ndiaye va croissant et, le 8 août 1992, il donne son premier véritable concert au stadium Marius Ndiaye à Dakar, abritant généralement les rencontres de basketball, suivi le 16 août d’un second au CDPS de Grand-Yoff. L’année 1993 le voit réaliser une mini-tournée sénégalaise qui le mène à Tambacounda (du 8 au 15 janvier), puis à Bambey, Diourbel et Mbacké (du 6 au 12 mars). En 1994, après ses spectacles au Théâtre Daniel Sorano et à nouveau au stadium Marius Ndiaye, Ass Malick Ndiaye réalise une maquette de 6 titres en vue de la sortie d’une cassette. Son spectacle au Théâtre Daniel Sorano de Dakar en 1998, retransmise ensuite à la télévision, fut un énorme succès auprès des adeptes sénégalais de la confrérie Tidjania.

Autres projets

Après ce concert pour l’histoire, Ass Malick Ndiaye – Ass est le diminutif d’El Hadj au Sénégal – découvre les night-clubs de Dakar où il est invité pour des play-blacks : Tahiti Plage, Le Sahel, Thiossane et RK. Le 15 août 1995, il représente la capitale sénégalaise dans le cadre du jumelage Dakar – Thiès. Ensuite, il participe le 6 octobre au podium de la lutte contre le SIDA, en collaboration avec l’association Takane, donne un concert le 25 décembre au CDPS de Rufisque puis un autre au stade Demba Diop de Dakar le 25 décembre. Le 9 juin 1996, Ass Malick est au concert de soutien à la lutte contre le banditisme à Ouagou Niayes (Dakar), avant d’investir le 16 octobre le Théâtre Daniel Sorano. Son succès dans cette mythique salle dakaroise est tel que le parolier et producteur Kabou Guèye (Youssou Ndour) lui propose de réaliser son disque (sa fameuse maquette de 6 titres).

Sort alors en février 1997 Mbay yaa nu doy, un opus dédié à son maître Serigne Ababacar Sy ou Mame Khalifa (1885-1957), khalife général de la confrérie “Tidjaniya” de 1922 à sa disparition. Ses textes chantés en wolof (sa langue) et inspirés par la “Tidjaniya” (“Mame Khalifa”, “Serigne Moustapha Sy”) ou faisant référence à la morale islamique concernant le bon comportement des hommes (“Kilifa”), des femmes (“Jigeen ju baax”), de la correction de l’être (“Yiw”) et l’éducation des jeunes (“Xalelaa) connaissent un franc succès auprès des initiés. Quant à la musique enregistrée au studio Xippi par Ndiaga Ndour et réalisée sous la direction artistique de Kabou Guèye, Ass Malick Ndiaye s’est entouré, entre autres, de Moustapha Faye (claviers, arrangements), Mahanta Faye (batterie, percussions), Aziz Samb (batterie), Coumba Gawlo Seck, Assane Mboup et Ousseynou Seck (choeurs). Il offre là un mbalax tantôt soft (“Mame Khalifa”), tantôt teinté de salsa (“Xalelaa”) ou de reggae africain, de funk, pop, jazz), comme il fera plus tard avec le titre “Jengu jotna”, réalisé avec l’excellent guitariste Jimi Mbaye. Cette cassette sera présentée lors d’un concert au Théâtre Daniel Sorano en 1998, suivi de deux spectacles, en 2001 dans deux quartiers de Dakar, Gueule Tapée et Sicap Derklé.

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Nago Seck

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