“Une vie, une voix, un rêve... Il y a une grâce vivifiante, une intensité à peine palpable et une énergie distillée avec soin dans le chant d'Awa Timbo, une vocaliste franco-malienne atypique qui mène sa carrière depuis plusieurs années à travers le monde et les genres... Elle interprète des pièces aux influences jazz classique, latin jazz, blues, be-bop, bossa, gospel, africaines (afro-jazz), chantées en anglais, en français, en italien ou en kiswahili. Awa Timbo est aussi professeur de chant au Centre Culturel du Bourget, dans la région parisienne, en France.”

La Malienne de la Moselle

Née à Nancy (France), d’origine Malienne, Awa Timbo a une double culture française (lorraine) et africaine, plus spécifiquement peule. Issue d’une famille de scientifiques, très soucieux de leur transmission des traditions et des réalités africaines, elle grandit bercée par les rêves enfouis dans les pages des contes nordiques. Très tôt elle nourrit une passion pour la musique et pour les langues. Son cursus universitaire la mène à une formation littéraire et des diplômes de langues et de traductrice-interprète commerciale, maîtrisant parfaitement anglais, italien, espagnol et français.

Une soprano à large tessiture

Inscrite très jeune à l’Ecole de musique de Thionville, ville où elle grandit, elle étudie le solfège, la théorie, le piano et le chant lyrique, puis intègre la chorale de l’institut, où le directeur, Johnny Bohr la stimule à interpréter des standards de jazz, style musical qu’il adore. C’est la découverte d’une passion pour la musique qu’elle partagera plus tard avec ses frères Oumar, guitariste virtuose de Tiken Jah Fakoly, Fitt Band Experience, Manjul & Humble Band, Dolais Kib, concepteur multimédia et chargé de communication & production, Assane (comédien, metteur en scène et pianiste) et sa sœur, Mariame (soliste dans une chorale gospel nancéenne et orthophoniste spécialisée en rééducation de voix chantées et parlées).
Awa Timbo est très inspirée par Sarah Vaughan et par Al Jarreau, ses principales références. Installée à Paris, pour ses études, elle suit les cours de chant jazz de la Guyanaise Viviane Ginapé. Sa voix acquiert de la latitude et de l’aisance dans les mutations de registre. Cela l’aide également à préciser son style : chanteuse de tempérament, animée par un romantisme sincère, Awa Timbo exprime les sensations en pointillé et recourt souvent à la variation du ton et de la coloration. Dotée d’une large tessiture, portée aux rapprochements stylistiques ou à la recherche de consonances entre genres éloignés, sa présence intrigue et l’impose dès les premières apparitions en public.

Des compositions empreintes de quiétude

Très vite, à Paris, elle fréquente la cour des grands et collabore avec Laurent Voulzy, Mariah Carey, Zucchero, Yannick Noah, Arielle Dombasle, Cerrone, Mc Solaar parmi tant d’autres. Très sollicitée, elle se produit dans les salles prestigieuses d’Europe avec plusieurs formations de gospel, comme Gospel Voices, Black Harmony, groupes caribéens, Gospel pour 100 Voix et American Gospel. Elle y participe enthousiaste, bien que ses motivations soient plus d’ordre religieux qu’esthétique. A la même période, nous sommes à cheval des deux millénaires, elle est lead vocal d’un groupe de standards internationaux, et part pour une longue tournée à Tahiti, puis au Sénégal. Ses expériences se multiplient et se diversifient. Awa accompagne en tournée ou en studio divers artistes : Amadou & Mariam en 1998 (cds « Selections From Sou Ni Tilé », « Sou Ni Tilé »), Jovinho Dos Santos, Paco Séry, Tiken Jah Fakoly, Alpha Blondy

Ils sont tous des Africains, témoignage d’un attachement emblématique au continent de ses ancêtres. Cette période des voyages laisse une trace solide dans sa vie comme dans son approche à la musique. Eblouie devant le spectacle des îles polynésiennes, émue face au Christ aux bras écartés de la montagne de Corcovado, à Rio (elle rendra une interprétation poignante de la chanson homonyme), pleine d’effervescence en foulant les pieds sur le sol rougeâtre du Sahel, elle retiendra de ces contacts de terres et de gens les émotions que l’on retrouve diluées dans ses compositions mélodieuses et empreintes de quiétude.

Singularité expressive

En 2003, parallèlement à ses ateliers vocaux (techniques de chant, vocalises, études d’un morceau, expression scénique…), Awa Timbo forme son quartet. Avec un bassiste – contrebassiste, un batteur-percussionniste et tantôt un pianiste, tantôt un guitariste, son répertoire jazzy s’ouvre aux influences latines, brésiliennes en particulier, et africaines dans certaines intonations vocales. Comme si le sentimentalisme langoureux de la bossa et la liberté extrême de la musique née à la Nouvelle Orléans étaient les facettes d’un caractère associant étroitement la femme à l’artiste. Cette singularité expressive s’oriente maintenant vers une nouvelle chanson à la fois sophistiquée et intimiste, qui demeure épurée et touchante de douceur dans l’interprétation vocale. Awa préfère l’emploi des notes medium et graves pour mieux exprimer la profondeur d’une personnalité éprise de spiritualité. Elle peut aussi s’envoler légère dans les airs suivant un petit sursaut de l’âme ou un écart émotionnel. Mais sa retenue naturelle, une sorte de pudeur, la préserve toujours de la démonstration artistique. La petite flamme qui éclaire sa voix radieuse et habitée est voilée d’une nostalgie ineffable, mémoire en nuances des gens et des lieux de son vécu, héritage peut être du sang des nomades Peuls qui coule dans ses veines. Généreuse, Awa Timbo qui fut choriste d’Alpha Blondy pendant 3 ans, veut partager avec son public cet état d’apaisement et de bonheur teinté d’une mélancolie subtile à travers ses interprétations jazz classique, latin jazz, blues, be-bop, bossa, gospel, africaines (afro-jazz), chantées en anglais, en français, en italien, en kiswahili et bien d’autres langues. Révélation du festival de latin jazz de Lunel en 2014, elle produit son premier album solo « Hawa » en 2016 (disponible sur les plateformes de téléchargement : Itunes, Spotify, Deezer, Amazon…)
Depuis plusieurs années elle se produit régulièrement en France et à l’étranger (notamment régulièrement en Biélorussie où elle a conquis le cœur du public) en duo, trio et quartet latin jazz, accompagnée par divers musiciens, dont Alain Jean-Marie, le pianiste de latin jazz guadeloupéen.

Le Bourget, Seine-Saint-Denis

Professeure de chant au Bourget, en Seine-Saint-Denis, Awa Timbo livre son regard sur cette commune : « Depuis plus de 20 ans, j’ai une relation tout à fait privilégiée avec les Bourgetins. Le CECB (Centre Educatif et Culturel du Bourget) est une structure très familiale et très bienveillante. Dans les cours, il y a pas mal d’enfants d’origines diverses, notamment de parents africains nés en France qui n’ont pas eu la chance de développer leur double culture en allant dans leur pays d’origine pour se plonger dans leurs racines. Cette double culture française (lorraine) et peule que je revendique. A travers la musique et les morceaux que j’interprète, je leur donne naturellement et instinctivement le goût de ce métissage en les laissant libres de leurs choix. »

À propos de l'auteur

Luigi Elongui