“Né le 11 septembre 1972 à Niodior, dans le Sine Saloum, au Sénégal, Felwine Sarr aka Andère est économiste, professeur à l’université Gaston Berger à Saint-Louis, écrivain, librettiste, guitariste, percussionniste et chanteur engagé.”

Une fratrie d’artistes

De leur mère, les frères et sœurs ont hérité les chants sérères. De leur père, militaire ayant participé à l’opération Fodé Kaba en Gambie en 1980, il les a longtemps poussés à privilégier les études, « sans conteste la culture du travail », estime Ngnima.
Dans la famille Sarr, difficile de passer à côté de Felwine, penseur de l’essai « Afrotopia« , initiateur des « Ateliers de la pensée » à Dakar et coauteur, avec Bénédicte Savoy, d’un rapport très remarqué sur la restitution des œuvres africaines au continent remis au chef de l’État français Emmanuel Macron et publié à la fin de 2018. « La restitution des œuvres africaines n’est pas un geste du prince; Elle va dans le sens de l’Histoire », précise Felwine.

Autant de réalisations qui ont éclipsé ses premières amours pour le reggae, les concerts, les tournées… Une passion qui ne l’a cependant jamais quitté, et qu’il a transmise à ses cadets. « Sur une douzaine d’années », Dolé a donné « à peu près 350 ou 400 » concerts à travers la France, dit en substance Felwine Sarr.

De Felwine, trois albums comprenant des chants de révolte. « Civilisation ou Barbarie » (2000) et « Les mots du Récit » (2005) sont réalisés avec Dolé (« la force », « l’énergie » en wolof), un groupe fondé à Orléans, en France, sous l’impulsion de l’artiste et qui puise ses racines au Sénégal. Quant au troisième opus « Bassaï » (2007), enregistré en solo, il est par l’afro-folk et le folk song. Aîné d’une fratrie de huit, au benjamin, Youssoupha, 28 ans, qui offre son rap polyglotte et son débit torrentiel sous le nom de Rhapsod, la musique a embarqué six des huit frères et sœurs Sarr. Il y a l’enivrante Ngnima Sarr aka Tie, la poétesse qui pratique le tassû (joute oratoire) avec autant d’aisance qu’elle chante, entourée de ses musiciens, au sein de Tie and The Love Process, Djibril aka Majnun et ses contes oniriques…

Alibeta

En 2012, Saliou aka Alibeta a sorti l’album « Bani Adama » dans lequel il partage un titre avec Rhapsod et un autre avec son frère, l’hyperactif Sahad. Le clip de sa chanson « Wagaam » aux mélodies acoustiques a connu un réel succès dans tout le pays.

Sahad Sarr

Quant à son frère Sahad (« moisson » en sérère), il navigue avec son groupe The Nataal Patchwork entre afro-fusion, jazz-fusion, blues malien, folk et bien sûr la musique sérère (dont le ndioup ou njuup),
« Ça peut être compliqué d’appartenir à une famille où tout le monde fait quelque chose de fort. Chacun veut tracer sa propre route sans être évalué à l’aune de son nom. Quand j’ai commencé, je ne voulais pas faire la même musique que Djibril Sarr aka Majnun (« le fou », en arabe), Alibeta ou Felwine… », explique Sahad qui a sorti avec son groupe The Nataal Patchwork, son premier album, Jiw (« la graine », en wolof), en 2017.

À eux six, ils conjuguent une demi-douzaine de langues et plus encore d’univers musicaux, de l’afro-fusion au jazz-fusion en passant par le reggae, le rap/hip-hop, le blues malien, la musique sérère (dont le ndioup ou njuup), le funk ou la trance (psychédélique).

Quand on lui demande si la musique est une affaire de famille, Youssoupha Sarr met immédiatement en garde contre « tout fantasme concernant les familles d’artistes à la façon des Jackson Five ». Chez les Sarr, la musique est avant tout un cheminement personnel. Et l’apprentissage s’est fait en autodidacte, même si l’on admet volontiers une transmission familiale et des influences communes, comme celles de Richard Bona ou de Keziah Jones.

Etudes

Après des études primaires et secondaires au Sénégal, Felwine poursuit ses études supérieures à l’université d’Orléans où il obtient un doctorat en économie en 2006. Agrégé des universités et professeur titulaire du CAMES, il enseigne à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal) depuis 2007. Ses cours et travaux académiques portent sur les politiques économiques, l’économie du développement, l’économétrie, l’épistémologie et l’histoire des idées religieuses. En 2010, il est lauréat du Prix Abdoulaye Fadiga pour la Recherche Économique. En 2011, il devient Doyen de la Faculté d’économie et de gestion de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis et directeur de la nouvelle UFR des Civilisations, Religions, Art et Communication (CRAC) de l’UGB.

Dolé

Alors qu’il poursuit ses études supérieures à l’université d’Orléans où il obtient un doctorat en économie en 2006, Felwine crée l’association Guelwar Production et le groupe Dolé (« la force », « l’énergie » en wolof) avec lequel il enregistre deux albums : « Civilisation ou Barbarie » en 2000 et « Les mots du Récit » en 2005.

Restitutions

En mars 2018, il se voit confier par la présidence de la République française une mission d’étude, avec l’universitaire et historienne de l’art Bénédicte Savoy, de la question des restitutions, temporaires ou définitives, aux pays d’origine du patrimoine africain, rapporté dans des institutions culturelles françaises pendant la période de la colonisation.
Lors de la remise du rapport le 23 novembre 2018, Emmanuel Macron annonce la restitution prochaine de 26 œuvres au Bénin. Felwine Sarr estime que ce geste a une forte valeur symbolique pour de nouvelles relations entre la France et l’Afrique : « Ce que les sociétés africaines réclament, c’est un acte de considération. L’espace artistique est un espace symbolique. Un espace tectonique. Si cet espace se met en mouvement ça déborde sur les autres lieux de la relation. L’art est un levier pour le reste ».

Ce rapport et sa mise en œuvre partielle par une loi promulguée fin 2020 valent à Felwine Sarr et Bénédicte Savoy d’être classés au troisième rang en 2020 dans le classement annuel des personnes les plus influentes dans le monde de l’art international établi par ArtReview.

Edition

Avec les écrivains sénégalais Boubacar Boris Diop et Nafissatou Dia, il est le cofondateur de la maison d’édition Jimsaan et repreneur, en juillet 2013, de la librairie Athéna à Dakar. La librairie Athéna fait faillite (avant 2020). Felwine Sarr est aussi l’éditeur de la revue Journal of African Transformation (Codesria-UNECA).

Publications

Felwine Sarr, Dahij, Gallimard, 2009, 133 p., 22 cm (ISBN 978-2-07-012267-7)
Felwine Sarr, Alain Sancerni, Cheikh Hamidou Kane et Léonora Miano, Afrique, en toutes indépendances, Paris : Riveneuve (Revue des littératures de langue française, Numéro 11 (Printemps 2010)), 2010, 229 p., 21 cm (ISBN 978-2360-130-122)
Felwine Sarr, 105 Rue Carnot, Montréal, Mémoire d’Encrier, 2011, 133 p., 22 cm (ISBN 978-2-07-012267-7)
Felwine Sarr, 105, rue Carnot, Montréal, Mémoire d’encrier, 2011, 78 p., 22 cm (ISBN 978-2-923713-57-1)
Felwine Sarr, Méditations Africaines, Montréal, Mémoire d’Encrier, 2012, 133 p., 22 cm (ISBN 978-2-07-012267-7)
Felwine Sarr (préf. Souleymane Bachir Diagne), Méditations africaines, Montréal (Québec)/Paris, Mémoire d’encrier, 2012, 130 p. (ISBN 978-2-923713-73-1)
Felwine Sarr, Afrotopia, Paris, Philippe Rey, 2016, 154 p., 22 cm (ISBN 978-2-84876-502-0). Afrotopia lui a valu le Grand prix de la Recherche, édition 2016, des Grands prix des associations littéraires23,
Felwine Sarr, Ishindenshin : de mon âme à ton âme, Montréal, Mémoire d’encrier, 2017, 66 p., 23 cm (ISBN 978-2-89712-516-5)
Felwine Sarr, Habiter le monde, Mémoire d’encrier, 2017, 60 p., 17 cm (ISBN 978-2-89712-519-6)
Felwine Sarr et Achille Mbembe, (dir.), Écrire l’Afrique-Monde, Philippe Rey (France) ; Jimsaan (Sénégal), 2017, 396 p., 22 cm (ISBN 978-2-84876-601-0), réunit les Actes des Ateliers de la pensée24 de Dakar et de Saint-Louis.
Felwine Sarr, La saveur des derniers mètres, Jimsaan (Sénégal) ; Philippe Rey (France), 2021, 144 p., 22 cm (ISBN 978-2-84876-854-0)
Felwine Sarr, Cheikh tidian Ndiaye et Christian Rietsch, (dir.), La microfinance contemporaine – IV : Les frontières de la microfinance, PU Rouen, 15 avril 2021 (ISBN 979-10-240-1533-0)
Felwine Sarr, Traces – Discours aux Nations africaines, Actes Sud-Papiers, 2021 (ISBN 978-2-330-14793-8)

*Sources :
https://www.jeuneafrique.com/mag/7
https://www.musicinafrica.net/
https://www.iea-nantes.fr/
wikipedia

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Nago Seck

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