“Originaire du Sénégal, Abdou Karim Sarr aka Sahad Sarr ou Sahad est auteur-compositeur, guitariste, chanteur et fondateur du groupe Sahad and The Nataal Patchwork. Celui que l’on surnomme le "James Brown sénégalais" navigue entre soul, jazz-rock (jazz-fusion), blues malien, afrobeat (afro-fusion)… avec des injections de guitares façon rumba congolais, des mélodies folks ou latino... Ses textes exprimant des préoccupations d’ordre politique ou socio-économique sur l’indépendance de l’Afrique, le néocolonialisme, l’exode rural ou la tolérance sont chantés en sérère, wolof, mandingue, français, anglais.”

Fondateur de l’association Patchworld Production et initiateur du label Stéréo Africa 432, cet artiste aux dreadlocks est de la confrérie Baye Fall (une confrérie musulmane sénégalaise créée par Cheikh Ibra Fall dit « Lamp Fall », fidèle disciple de Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur du mouridisme). Les dreadlocks singularisent les disciples de la confrérie Baye Fall.

Une fratrie d’artistes

Dans la famille Sarr, difficile de passer à côté de l’aîné Felwine, penseur de l’essai « Afrotopia », initiateur des « Ateliers de la pensée » à Dakar et co-auteur d’un rapport très remarqué sur la restitution des œuvres africaines au continent, remis au chef de l’État français et publié à la fin de 2018. Autant de réalisations qui ont éclipsé ses premières amours pour le reggae, les concerts, les tournées… Une passion qui ne l’a cependant jamais quitté, et qu’il a transmise à ses cadets.

De Felwine (trois albums), 46 ans, aîné d’une fratrie de huit, au benjamin, Youssoupha, 28 ans, qui offre son rap polyglotte et son débit torrentiel sous le nom de Rhapsod, la musique a embarqué six des huit frères et sœurs Sarr. Il y a l’enivrante Ngnima Sarr aka Tie, la poétesse, qui pratique le Tassû (joute oratoire wolof) avec autant d’aisance qu’elle chante, entourée de ses musiciens, au sein de Tie and The Love Process ; Djibril aka Majnun, et ses contes oniriques ; Saliou aka Alibeta, et ses mélodies acoustiques.

Les frères et sœurs conjuguent une demi-douzaine de langues et plus encore d’univers musicaux, de l’afro-fusion au jazz-fusion en passant par le reggae, le rap/hip-hop, le blues malien, la musique sérère (dont le ndioup ou njuup), le funk ou la trance (psychédélique).

De leur mère, les frères et sœurs ont hérité les chants sérères. De leur père, militaire ayant participé à l’opération Fodé Kaba en Gambie en 1980, il les a longtemps poussé à privilégier les études, « sans conteste la culture du travail », estime Ngnima. qui est marqué par James Brown, Buena Vista Social Club, Ben Harper et surtout le Camerounais Richard Bona.

Sahad and The Nataal Patchwork

Sahad veut dire « moisson » en sérère, (langue parlée au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie). Prononcé un peu différemment avec un « t » à la fin cela veut dire « résurrection » en Wolof. C’est aussi le prénom du lead vocal de la formation musicale Sahad and The Nataal Patchwork.

Sahad and The Nataal Patchwork reflète une moisson de diverses influences musicales, une errance, une voie d’éveil, un trait d’union entre plusieurs cultures. Ce groupe est en effet un carrefour culturel où se rencontrent des musiciens de différents horizons.

Ensemble, ils s’inscrivent dans cette tradition de jeunes qui portent avec eux le nouveau souffle de la musique africaine. Leur musique se trouve à la croisée des chemins entre le blues Malien, l’afrobeat, le rock et le jazz qui font naître une sonorité kaléidoscopique.

Un style très recherché, une vibration qui transporte, fait bouger, et transcende le corps, car la langue universelle de leurs mélodies et rythmes parle à nos âmes. Quant aux textes que Sahad chante en diverses langues, ils sont empreints d’une certaine spiritualité, et insistent sur notre humanité.

Nommé ainsi pour faire référence à la mixité qui se manifeste dans l’unité d’un tissu patchwork, Sahad and the Nataal Patchwork est à l’image d’un taxi-brousse qui parcourt le monde en quête de richesses issues de nos différences pour partager un message d’amour et de tolérance. D’ailleurs « Nataal Patchwork » signifie dans un certain sens le reflet de tout un univers (« nataal »‘ signifiant portrait ou photographie).

« Quand j’ai commencé, je ne voulais pas faire la même musique que Majnun, Alibeta ou Felwine… », explique Sahad qui, avec son groupe, The Nataal Patchwork, a sorti son premier album, « Jiw » (« la graine » en wolof), en 2017.

Cette même année 2017, Sahad fonde un éco village à Kamyaak, à huit kilomètres de la commune de Tataguine, dans la région de Fatick, au centre du Sénégal.

*Sources :
https://www.jeuneafrique.com/mag/7
https://www.musicinafrica.net/

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Nago Seck

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