“Folk singer référence du Congo Brazzaville, Jacques Loubélo est un auteur-compositeur, guitariste et interprète. En 1965, il fonde le groupe Les Cheveux Crépus qui connaît un réel succès national. Au début des années 1980, il s’installe à Genève où il continue de diffuser le style afro-folk épuré qui lui est cher, avant de rentrer à Brazzaville au bout de quelques années. Jacques Loubélo demeure une figure majeure de la scène congolaise et certaines de ses œuvres ont été reprises par de nombreux artistes dont Miriam Makeba et le groupe Lang’i. Jacques Lobélo décède le 25 septembre 2013 à Brazzaville. Il avait 73 ans.”

Influences chorale et rumba congolaise

Né en 1940 à Brazzaville, dans le quartier Poto Poto Djoué, Jacques Loubélo grandit à Bakongo aux sons des musiques traditionnelles et des pionniers de la rumba congolaise comme Paul Kamba et Wendo Kolosoy. Il apprend à chanter à l’âge de treize ans au sein de la chorale Saint Joseph où sa voix de soprano lui offre bien vite une popularité. « Le travail en chorale m’a appris l’art de bien chanter ». Installé plus tard à Ouenze, il rejoint la chorale de la mission Saint-Michel et écoute chez un oncle qui possède un phonographe, un luxe rare à l’époque, les disques cubains de la Voix de son maître (la Sonera Matancera, Los Maniceros..) et les précurseurs de la rumba congolaise comme Adou Elenga et Léon Bukasa. « A l’époque, la rumba était appelée biguine chez nous ».

Orchestre Cercul Jazz

En 1952, Jacques Loubélo enregistre à la Radio de l’AEF (Afrique Equatoriale Française) devenue plus tard Radio Brazzaville, un moment important pour cet enfant qui écoute régulièrement la Sorafom (ancêtre de RFI) . « A seize ans, comme je voulais apprendre la guitare, j’ai intégré l’Orchestre Cercul Jazz créé par Nzala Kanda, le ministre de l’intérieur du premier gouvernement congolais. On partait jouer de la rumba, des boléros, de la variété mais comme on n’était pas payé, j’ai décidé d’arrêter ».

Les Cheveux Crépus

En 1965, il monte Les Cheveux Crépus, un groupe vocal. “C’est en écoutant les Compagnons de la Chanson que j’ai nourri l’envie de monter un groupe vocal”, explique-t-il. Le groupe qui répète alors dans les locaux de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) chante dans des fêtes chrétiennes et c’est à l’occasion de la Semaine internationale de la JOC qu’il reçoit, cadeau de l’Abbé René Larre, un aumônier de Bayonne, ses premiers instruments de musique : deux guitares et un tambourin.

fiche_les_cheveux-2.jpg

Les Cheveux Crépus s’orientent ensuite vers l’afro-folk (voix et instruments acoustiques), avec Antoine Moundanda (sanza), Sammy Massamba, Albert Massamba Coster et Rémy Mouninguissa (guitares), Maxime Kibongui, N’Zenze Kinouani Kazis, Etienne Fila et Prosper Nkouri, Bruno Ntélansamou et Madeleine Gandou (chant) et un accordéoniste.

« Nawo tsé tsa », le méga hit

Jacques Loubélo ne se contente plus seulement de reprises mais commence à interpréter en lari (sa langue maternelle), en kikongo et en lingala ses propres compositions, dont les plus célèbres, « Congo », un hymne à la paix, et « Nawo tsé tsa », son plus gros tube. « Je m’inspirais pour mes compositions de vieilles légendes du folklore lari. « Nawo tsé tsa » raconte l’histoire de deux sœurs. La plus laide, jalouse de l’autre, finit par la noyer et lui voler son bébé mais l’âme de la défunte revient la hanter ».
« Nawo tsé tsa » sera repris plus tard par de nombreux artistes dont Miriam Makeba et le groupe Lang’i avec l’excellente chanteuse Patricke-Stevie Moungondo aka Oupta.

Jacques Loubélo n’est plus

Jacques Loubélo disparaît le 25 Septembre 2013 à Brazzaville. Il avait 73 ans. Chantre de l’unité nationale, il avait su créer un merveilleux brassage entre diverses traditions congolaises : kongo-lari, téké, mbosi et vili.

À propos de l'auteur

Sylvie Clerfeuille

Sylvie Clerfeuille

Laissez un commentaire