Ex-chanteur de chorales d'églises protestantes de Luanda en Angola, exilé en France depuis 1982, l’auteur-compositeur, guitariste, chanteur et virtuose du likembé, Lulendo Mvulu aka Lulendo, développe un concept musical baptisé "ethno-groove" : afro-fusion, afro-folk ou musique acoustique lusophone soutenant des textes narrant les maux de son Angola natal. Lulendo Mvulu started in a protestant choir . This Angolan artist, a multi-instrumentalist exiled in France, has promoted the likembe, and has opted for an afro - lusophone music played on lyrics telling the tragic war of Angola.”

A Qui Profite Le Crime?

Enfant du Nord et du Sud

Né en 1962 à Maquela do Zombo, dans la province Uige, où vivent les Bakongo, Lulendo vient du Nord de l’Angola, région à forte couleur bantoue et se rend régulièrement dès l’âge de six ans au Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo) retrouver une partie de sa famille originaire de ce pays mais il grandit à Luanda et fait ses études avec des professeurs cubains, dont l’influence musicale se fait sentir à Luanda. Il se formera au chant dans la rue et les chorales des églises de Luanda. Lors des vacances scolaires, il s’initie, auprès de son grand-père, au likembé, un instrument villageois typique du Nord. Il sera influencé doublement par les musiques du Nord (le konono et la rumba, chante en lingala et en kikongo) et celles du Sud marquées par les musiques latines, le semba et la musique des trovadores, un style folk à base de guitare et de voix remis au goût du jour par les Kafala Brothers… Sous l’influence d’artistes aussi divers que Liceu Vieira Dias, André Mingas, Os Jovens do Prenda, Waldemar Bastos, Papa Wemba, Tabu Ley, Zaïko Langa Langa, Lulendo transcende les différences entre Bakongos du Nord et Kimbundus du Sud.

Lulendo à Paris

En 1982, il fuit la guerre, s’installe à Paris (France) et navigue dans le milieu musical africain de la capitale française. Après avoir travaillé avec les congolais Kester Emeneya et Evoloko Joker, son compatriote Sam Mangwana, Lulendo adopte le kizomba, un style musical proche du zouk adopté par la jeunesse angolaise qui refuse les différences ethniques et régionales. Il se tourne également vers le milieu camerounais dont il apprécie le travail de recherche et de composition. Il se produit avec Manu Dibango puis avec des artistes comme Carlinhos Brown, Didier Lockwood, John Helliwell (Supertramp). En 1994, il est finaliste du concours Découvertes de RFI puis l’année suivante des Découvertes du Printemps de Bourges. A la même période, il participe à l’enregistrement de « Les Artistes africains et le SIDA », une compilation produite par le magazine Revue Noire. Il tourne bientôt dans les festivals européens (Sfinks Festival, Atlantida, Nice Jazz Festival, Womex, etc…) et signe en 1999 un single éponyme, « Lulendo », suivi en 2000, du maxi single, « A qui profite le crime ? », puis de plusieurs albums les années suivantes : « A qui profite le crime ? » (2001), « Angola » (2005), « Soul of Africa » (2007) et « Live Sessions » (2007). Il se retrouvera avec le DJ français Frederic Galliano lors d’un grand concert de kuduro avant de développer au fil des années son concept musical qu’il a baptisé « ethno-groove ».

L’ethno-groove

Réconciliant rythmique bantoue et saudade, konono et semba, sans oublier le reggae et les musiques électro, ce multi-instrumentiste résolument contemporain dans ses choix artistiques se définit comme « Un Africain des villes » et parle de solidarité et de paix, une vraie parole dans un pays où même la musique souffre d’un véritable apartheid culturel.

Native from Maquelo do Zombo, inhabited by Bakongo people, Lulendo comes from the North, a bantu area influenced by [Congolese rumba and konono but he grew up in Luanda, a city marked by Cuban music and the semba, this style of the 40s both rythmic and nostalgic. Lulendo first played the likembé, and learnt to sing in the streets and the church choirs. He then fled angola to escape the war and settled in Paris attending the African diaspora. He played with Congolese Kester Emeneya, Sam Mangwana and Evoloko Joker, and with Cameroonese musicians he appreciated the work of composition and of musical research. Reconciling bantu rhythmic and saudade, Lulendo speaks about solidarity and about peace, a meaningful word in a country where even the music suffers from a real cultural apartheid.

À propos de l'auteur

Sylvie Clerfeuille

Sylvie Clerfeuille

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