“Converti à la basse par Manu Dibango, l'auteur-compositeur, arrangeur et bassiste camerounais, Jean-Karl Dikoto Mandengue, “le champion de la walking bass”, est influencé par le jeu de la kora mandingue. Avec ses compatriotes Vicky Edimo, Manfred Long et Jo Tongo, il est la référence de toute une génération de bassiste camerounais : Etienne Mbappé, Richard Bona, les frères Armand Sabal-Lecco et Roger Sabal-Lecco. Son titre "Fire", composé avec le groupe ghanéen Osibisa (CD "Happy Children") a fait le tour du monde et a contribué à sa renommée internationale...”

Jean Dikoto et Manu Dibango

Jean-Karl Dikoto Mandengué, Dikoto Mandengué, Jeannot Karl, Dikoto ou J.K. Mandengue débute comme guitariste à l’âge de 15 ans au sein d’une formation zaïroise, le Ry-Co Jazz.
Converti à la basse suite aux conseils de Manu Dibango avec qui il joue dans les clubs parisiens, Jean Dikoto Mandengue impose rapidement sa “walking bass” qui conjugue la rythmique makossa et le rhythm’n blues (R&B).

Jean Dikoto et Claude François

Lors d’une prestation au club La Bohême à Montparnasse, à Paris, il est repéré par Claude François. Leur collaboration durera sept ans. “J’aimais la rigueur de Claude François, il travaillait à l’américaine, ne supportait aucun retard, aucune erreur. Quand je me trompais, il se mettait à chanter « Comme d’habitude, Jeannot a encore fait une fausse note »”. L’artiste camerounais posera ses lignes de basse sur de nombreuses compositions du chanteur français, dont le célèbre « Alexandrie Alexandra » en 1978.

Jean Dikoto et Osibisa

Sollicité dès lors par toutes les stars françaises de l’époque, Mike Brant, Véronique Samson, Stone & Charden, Nino Ferrer, Jean Dikoto quitte la France au début des années 1970. “J’avais envie de tenter ma chance en Angleterre et aux Etats-Unis et de composer. Osibisa qui avait lancé un style afro-pop, aux confluents du R & B, du highlife et du rock tournait internationalement. J’ai sauté sur l’occasion. Un de mes titres « Fire » a fait le tour du monde, tous les bassistes copiaient mes lignes de basse”. Outre “Fire”, il participe à l’enregistrement de plusieurs de leurs disques après la sortie, en 1973 chez Philips, de son 45T « Songo A Esélé / Ba Ndonlo Basu » : « Happy Children » (1973), « Superfly TNT » (1973), « Osibirock » (1974) et « Welcome Home » (1975).

Jean Dikoto Mandengue aux USA

Après cet album, le bassiste camerounais profite d’une tournée américaine pour s’installer, en 1975, aux Etats-Unis où il s’impose rapidement comme musicien de studio. Sa rencontre avec George Clinton et ses musiciens de Parliament Funkadelic, mais aussi Tikki, le batteur, sera déterminant. “Au contact du funk, mon jeu est devenu plus sobre et plus rythmique, je faisais moins de tourneries, moins de notes”.

Retour en France et afro-pop

A son retour en France, Jean-Karl Mandengue sort en 1977 et 1979 deux albums éponymes, produits et arrangés par Slim Pezin. Il y propose harmonieusement un afro-pop à la rythmique soutenue par sa “walking bass” spécifique, croisement de sonorités africaines, makossa camerounais (ses origines), highlife ghanéen (pratiqué avec Osibisa), rumba congolaise (jouée à ses débuts avec Ry-Co Jazz) ou musique mandingue (influence du jeu de kora), de musiques noires américaines, jazz, blues, funk, soul et rhytm’n blues ou RnB (développé lors de son exil américain) ou de l’afro-cubain (influence de sa jeunesse). Ce style est développé dans ses futures réalisations : « Dikoto Mandengue » (1980), « Dikoto » (1983) ou encore « Cherche encore » (1987).

Retour aux sourcesp

Aujourd’hui installé aux Pays-Bas, Jean Dikoto Mandengue continue ses collaborations, enregistrant, en 2000, « Put your Gun Down », un disque personnel très jazzy avec Rokki Mason (battrie, claviers, trompette, trompette basse). Suivra en 2007, « Back to the roots », un retour à ses racines africaines. Considéré comme un des pionniers de la basse makossa en Afrique, il a enregistré les plus grands standards du genre avec ses compatriotes Eboa Lotin et Ekambi Brillant.

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Nago Seck

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