“Né le 1er janvier 1948 à Kenenkoun, au Mali, Moriba Koïta, installé à Paris, en France depuis 1993, est un maître du ngoni, petit luth à 3 ou 4 cordes apparu, selon certains, dans les cours royales au XII° siècle. Cet artiste qui a posé les notes de ses cordes sur nombre de musiques aux beats divers décède le 22 septembre 2016, jour anniversaire de l'indépendance du Mali, victime d'un AVC. Il avait 68 ans.”

Initiation traditionnelle

Issu d’une grande famille de djélis (griots), Moriba Koïta est initié, dès l’âge de 4 ans, par son père d’abord au tama (tambour d’aisselle, talking drum), puis au ngoni, deux instruments majeurs joués par les djélis.

Ensemble Instrumental National du Mali

Sa parfaite maîtrise des ngonis (ngoni ba (basse) et ngoni micin (aigu)) est vite remarqué par le Ministère des Arts et de la Culture qui lui propose d’intégrer l’Ensemble Instrumental National du Mali dont la mission est de prospecter, répertorier et mettre en valeur l’héritage du Mali dans le domaine de la musique, de la chanson et des instruments. Il y restera 12 ans.

Sorotoumou

En 1997, Moriba Koïta, installé à Paris, en France depuis 1993, sort un magnifique album de musique mandingue blues, « Sorotoumou », mettant en exergue son inimitable jeu de ngoni. Produit par Philippe Conrath pour le label français Cobalt, cet opus est réalisé avec d’excellents instrumentistes comme Yakhouba Sissoko (kora), Moussa Sissoko (djembé), Lassana Kouyaté (balafon) et Sambou Diabaté (doundounba). Ce projet comprend douze titres dont six (« Douga Coumbo », « Tara », « Yaba Bana », « Kaïra », « Diaraby », « Ladiaba ») enregistrés et mixés en live au théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis pendant le festival Africolor le 25 décembre 1996 par Yves Wernet et quatre (« Banga Kandio », « Niani Mankan », « Djon Fassa », « Badiourou ») au Studio Davout à Paris le 28 mars 1997 par Jean-Loup Morette.

Collaborations

Depuis, Moriba Koïta a posé avec virtuosité et élégance les lignes de son instrument de prédilection sur les musiques de nombreux artistes et groupes aux styles musicaux divers, en studio ou sur disque : Tata Bambo Kouyaté, Kassé Mady Diabaté, Amy Koïta, Salif Keïta, Super Rail Band, Diaba Koita, Oumou Kouyaté, Kandia Kouyaté, Fanta Damba, Awa Dramé, Cheick Tidiane Seck & Hank Jones, Dee Dee Bridgewater, Pédro Kouyaté, Lansiné Kouyaté, David Neerman, Mamani Keïta, Jean-Philippe Rykiel, Manu Dibango, Mory Kanté, Nayanka Bell, Sékouba Bambino Diabaté, Youssou Ndour, Julia Sarr, El Hadj Ndiaye, et bien d’autres encore.

En 2008, Moriba Koïta est au festival Africolor avec Moriarty, un groupe franco-américain de country, folk, blues fondé à Paris en 1995 et comprenant à cette époque Rosemary Standley (voix, guitare acoustique), Arthur Gillette (guitare, contrebasse, keyboards, voix), Thomas Puechavy (harmonica, accordéon), Charles Carmignac (guitare solo, guitare dobro, banjo) et Stephan Zimmerli (contrebasse, guitare). Il accompagnera ce groupe sur plusieurs autres scènes. En 2009, Moriba est à nouveau au même festival avec Quatuor Bela, un quatuor à cordes français créé en 2006 par Frédéric Aurier (violon), Julien Dieudegard (violon), Julian Boutin (alto) et Luc Dedreuil (violoncelle).

En 2013, Moriba Koïta participe, avec Wayne Standley, Don Cavalli et Mama Rosin, à l’enregistrement de l’album « Fugitivese de Moriarty, glissant les cordes de son ngoni sur 3 titres, « Ramblin’Man », « Pretty Boy Floyd » et « Oklahoma Hills ».

Les cordes du ngonifola ne résonnent plus

Moriba Koïta qui a posé les notes de ses cordes sur nombre de musiques aux beats divers décède le 22 septembre 2016, jour anniversaire de l’indépendance du Mali, victime d’un AVC. Il avait 68 ans.
Le 24 novembre 2016, l’Académie Charles Cros (en France) lui rend hommage pour l’​ensemble de son œuvre et son apport aux musiques du monde, avec la chanteuse Nanou Coul, le balafoniste Moussa Diabaté et le fondateur du Festival Africolor Philippe Conrath.

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Nago Seck

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