“Auteur-compositeur, interprète, percussionniste et joueur de kora né en 1954 dans une famille de griots wolofs à Dakar, au Sénégal, Massamba Falla aka Maaskool ou Grand-Masskool Faal est le premier à intégrer le tambour sabar et le tama (talking drum) dans le reggae. Il est aussi le pionnier du rap africain. Il commence tout naturellement dans la musique très jeune, comme percussionniste, tout en poursuivant sa scolarité. Ayant grandi aux sons de diverses musiques africaines (mbalax, musique mandingue, rumba congolaise…), occidentales (soul, rhythm’n blues, blues, jazz, funk, pop), cubaines (salsa, pachanga, merengue, cha cha cha…) ou jamaïcaines (reggae), sa volonté a toujours été de brasser ses multiples influences. ”

Collaborations diverses

En 1974, Maaskool rejoint Paris (France) pour poursuivre ses études d’anglais, et un an plus tard, il obtient une bourse pour UCLA (l’Université de Californie à Los Angeles) aux Etats-Unis. Mais le virus de la musique prend bientôt le dessus, et Maaskool, surnommé bien plus tard Grand-Maaskool, fonde bientôt son groupe Uhuru avec lequel il tournera aux Etats-Unis et en Europe. Au bout de dix ans durant passés avec Uhuru, Maaskool décide de quitter Los Angeles pour New York où il acquiert bien vite une grande notoriété, considéré comme l’un des percussionnistes les plus novateurs, les plus créatifs et les plus imaginatifs. Il collabore alors, sur scène ou en studio, avec des artistes et groupes d”horizons et de styles différents, tels que Babatunde Olatunji, King Sunny Ade, Stevie Wonder, Doug E. Fresh, Mike Minieri & Steps Ahead, Steel Pulse, Sugar Minott, Jr. Reid, Culture ou Big Youth, intégrant le tambour sabar et le tama (talking drum) dans le reggae jamaïcain.

Grand-Maaskool, muli casquettes

Riche de ses multiples expériences, Maaskool décide alors de suivre une carrière solo et s’oriente vers une muique alliant reggae, ragga, dub, mbalax, soul, avec des influences jazz, funk, lançant ainsi le reggae africain aux Etats-unis à la fin des années 1970.

Parallèlement à sa carrière, Maaskool est sollicité pour faire partie du staff de l’équipe de production de la tournée de Burning Spear, Osibisa et Aswad au Sierra Leone et au Sénégal, au debut des années 1980. Il fera aussi partie des organisateurs de la tournée africaine de Lady Patra. Chargé de la programmation des musiques africaines à SOB’s (Sounds of Brazil), une célèbre salle de spectacle à New York, Maaskool sera parallèlement tour manager de Pépé Kallé et de Youssou Ndour lors d’une de leurs premières sorties aux Etats-Unis. Par la suite, il accompagne, sur leurs projets personnels, les reggaemen Joseph Hill et Delroy Junior Reid, respectivement chanteur-percussionniste de Culture et lead vocal de Black Uhuru.

En 1992, Maaskool monte son propre groupe, Afro Rhythm Mob, avec lequel il enregistre l’EP 4 titres « Voodo Child ». Ensemble, ils présentent au célèbre Apollo Theatre de New York (USA), « Motherland Return » (Retour à la terre mère), un spectacle qui connaît un énorme succès auprès du public américain.

Roots Talibés

Après la sortie de son album « Massa Thiono » en 2000, Maaskool fonde à New York (Etats-Unis) le groupe Roots Talibés (les disciples enracinés), avec le chanteur Mor Dior Seck, le percussionniste Mar Guèye, tous deux originaires du Sénégal et deux danseuses (ex membres de la Compagnie Nationale de Danse du Sénégal)

Frère du chanteur Thione Seck, Mor Dior Seck, issu d’une famille de gtiots, fut lead vocal de l’Orchestre National du Sénégal durant 7 ans. Quant à Mar Guèye, formé à l’école de Doudou Ndiaye Rose, a joué avec Youssou Ndour, Rolling Stones, World Saxophone Quartet, Ginger Baker, et bien d’autres encore…

S’inspirant des influences des trois artistes, Roots Talibés navigue entre mbalax, rap africain, jazz, funk, soul et reggae africain, le tout donné par des sabars, tama, djembé, basse, guitare, batterie, keyboards, cuivres. Le style musisal du groupe et les chorégraphies des deux danseuses séduisent bien vite le public new-yorkais qui les découvrent lors de leurs concerts dans de prestigieuses salles de la ville, comme Apollo Theatre, SOB’s, The Ritz ou encore The Palladium.

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Maaskool & His Bayefaal Dub Band

De retour sur la Côte Ouest des Etats-Unis, Maaskool, surnommé aussi Grand-Masskool, crée en 2011, à Los Angeles, Bayefaal Dub Band, un nouveau groupe de reggae africainpop et lance un EP 3 titres, « Jahdieufei Yallah » (« Merci Dieu » en wolof). S’inspirant des préceptes de Mame Cheikh Ibra Fall, disciple de Cheikh Ahmadou Bamba (1853–1927), guide spirituel et fondateur en 1883 de la confrérie des Mourides au Sénégal, Maaskool & His Bayefaal Dub Band propagent des messages de paix, d’amour, d’unité, de respect, de tolérance…

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Nago Seck

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